L’oeil

L’œil a 2 fonctions :

  •  la vue
  •  la posture

La vue nous permet de nous situer facilement et rapidement dans l’espace. Mais on peut tenir debout et se déplacer en ayant les yeux fermés. Cette fonction visuelle ne nous intéresse donc pas dans le système postural fin, c’est à dire celui qui intervient dans les mécanismes intimes de lutte contre la pesanteur.

C’est la deuxième fonction, posturale, qui nous intéresse ici. Le rôle de capteur postural interne qu’exerce l’œil, par les renseignements que reçoit constamment le cerveau sur la position de l’oeil dans l’orbite, est capital pour l’équilibre de l’être humain.

Coupe de l'oeil

La position de l’œil dans l’orbite.

Les mouvements et la position de l’œil sont contrôlés par six muscles, groupés en paire :

  •  Les muscles droit interne et droit externe assurent les mouvements latéraux : l’œil tourne vers l’intérieur ou vers l’extérieur.
  •  Les muscles droit supérieur ou droit inférieur assurent les mouvements verticaux : l’œil tourne vers le haut ou le bas.
  •  Les muscles grand oblique et petit oblique, qui ont des orientations plus complexes, font pivoter l’œil autour de son axe pour maintenir la rectitude du champ visuel.

La vision de l’espace, du relief, la profondeur de champ, sont données par la vision binoculaire, c’est à dire la vision conjuguées des deux yeux.

La détermination de la distance n’est pas innée mais s’acquière avec l’expérience. La position des deux yeux, l’un par rapport à l’autre, permet au cerveau de calculer à quelle distance se trouve l’objet fixé. Il faut observer le tout jeune enfant qui veut saisir un jouet. Au début, il tâtonne. Sa main va souvent trop ou pas assez loin. Avec le temps et la mise en place des sensations oculaires proprioceptives il saura évaluer la distance exacte.

C’est donc le mouvement conjugué des deux yeux qui permet à l’être humain d’avoir une vision de l’espace, après analyse et traitement de l’information par le cerveau.

Appareil d'ophtalmologie
Toute dysfonction au niveau des muscles oculomoteurs entraînera une mauvaise information des centres d’intégration visuelle et sera cause de troubles posturologiques importants. La plus petite asymétrie de tension dans un muscle oculomoteur aura des répercussions sur la statique de l’individu avec des tensions musculaires non équilibrées entre le côté droit et le côté gauche de l’ensemble du corps. Il y aura donc obligatoirement des rotations ou des bascules au niveau des épaules ou du bassin avec, éventuellement, apparition d’une scoliose.
L’importance de cette fonction conjuguées des deux yeux est bien illustrée par l’extrême attention que porte les ophtalmologues au strabisme ou au divers troubles de la convergence oculaire. On utilise des lunettes avec des prismes pour corriger ces troubles.
Notons également la fréquence de la prescription de rééducation de la vision binoculaire dans un grand nombre de pathologies : mal de tête, troubles de l’équilibre, vertiges …

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