Historique

Depuis fort longtemps, cette étrange position debout de l’être humain, érigé sur ses deux membres postérieurs qui ainsi sont devenus des membres inférieurs a suscité la curiosité de nombreux savants. Très rapidement aussi, ils sont arrivés à la conclusion que beaucoup de nos maladies pouvaient résulter du dérèglement des mécanismes qui sous tendent cette verticalité humaine.
Mais leurs recherches et leurs travaux étaient trop dispersés et trop fragmentés pour qu’on puisse en faire la synthèse avant la fin du 20ème siècle.

Dr Charles BellUn des premiers à comprendre le rôle des muscles fut l’écossais Sir Charles BELL (1774-1842). Ce médecin féru d’anatomie axa ses recherches sur le système nerveux et, en 1837, il nota : « c’est par l’usage des muscles que les membres sont raidis, le corps fermement tenu en équilibre ». Pour la première fois, il mettait en exergue la fonction primordiale des « muscles raidis ». Elle est une condition sine qua non au maintien de la posture des organismes vivants. Sans elle, nous ne serions qu’une sorte de matière flasque et molle à l’instar des mollusques. De nos jours, on parlera plus volontiers de « tonus musculaire ».
M.H. RombergAu début du 19ème siècle, M.H. ROMBERG a remarqué la correspondance existant entre un trouble de l’équilibre et la perte du contrôle visuel. Le test qu’il a mis au point, toujours utilisé actuellement, (le test de Romberg) permet de tester la proprioception des muscles para vertébraux et des membres inférieurs. Il s’agit des informations qu’envoient au cerveau les divers muscles chargés de la posture sur leur état de contracture, leur longueur et leur position. Ceci permet au cerveau de déterminer avec précision la position dans l’espace de tous les segments corporels.

En 1845, François Achille LONGET s’intéressa aux muscles paravertébraux et mit en évidence leur sensibilité proprioceptive qui prend naissance dans les récepteurs des organes profonds : muscles, ligaments, articulations…

Pierre FlourensA la même époque, le physiologiste, Pierre FLOURENS (1794-1867) présentait à l’Académie des Sciences ses travaux sur les fonctions des nerfs, à partir desquels il élabora la théorie de la coordination. Il imputa à juste raison certains troubles de l’équilibre aux lésions des canaux semi-circulaires de l’oreille interne.
Sir Charles SCOTT SHERRINGTONA la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, la notion de troubles de l’équilibre imprègne progressivement le milieu de la neurophysiologie.
Sir Charles SCOTT SHERRINGTON (1857-1952) a démontré que la stimulation d’un groupe de muscles entraînait le blocage fonctionnel du groupe musculaire opposé. Il procède à une analyse des réflexes posturaux et définit le « sens musculaire ».

De son côté, Elie DE CION, ophtalmologiste, commence à utiliser des prismes oculaires pour soulager certains cas d’instabilité posturale ou de sensation de vertiges. Il a donc mis en évidence la relation existant entre l’équilibre et le rôle des yeux.

En 1924, R. MAGNUS étudie le réflexe postural à partir de la nuque. Trois ans plus tard, à Strasbourg, deux médecins J.A BARRE et Y.CH LIEOU, identifient les caractéristiques du syndrome cervical post traumatique qui relient certains troubles de l’équilibre et des vertiges à la dysfonction entre les vertèbres cervicales.

Comme nous l’avions remarqué précédemment, toutes ces découvertes étaient cependant effectuées de façon fragmentaire et isolées. Personne n’en avait encore fait la synthèse. Le premier à étudier et à considérer l’équilibre et la pathologie associée dans sa globalité a été VIERORDT qui a fondé en 1890 à Berlin la première école de posturographie.

VIERORDT

Malheureusement, à l’époque, on ne disposait pas des outils nécessaires pour observer et mesurer un mécanisme physiologique aussi ténu et sensible.

Ce n’est que dans les années 1950 que le Docteur Jean-Bernard BARON, à l’hôpital Ste Anne à Paris, a créé un instrument qu’il a appelé le statokinésimètre. Grâce à cet appareil, cet ophtalmologiste passionné par l’étude des muscles moteurs des yeux, pu mesurer avec précision la projection du centre de gravité à l’intérieur du polygone de sustentation et ainsi mesurer l’équilibre normal de l’être humain ainsi que les dérives pathologiques.

Schéma de VIERORDT

De nos jours, grâce au développement de l’informatique, ces mesures sont devenues faciles et très précises.
De nombreux médecins ont donc travaillé sur les mécanismes de la posture. Parmi eux il faut citer, au Japon T. FUKUDA, au Portugal Enrique Martins DACUNHA qui fut le premier à parler de « syndrome de déficience posturale », en France Pierre-Marie GAGET, Bernard WEBER, Bernard BRICOT…
Il existe actuellement un diplôme interuniversitaire de posturologie organisé par le professeur Michel LACOUR de l’université de Marseille.

Enfin, en 2000 à Colmar, Michel J. STEINMETZ a fait la synthèse entre la posturologie et l’ostéopathie. Depuis 2002, un enseignement d’Ostéopathie Posturologique est organisé à Strasbourg et Paris.

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